samedi 6 octobre 2012

De la "nécessaire" augmentation des forces de répression.

Certains nous prétendent que la Belgique est un pays non sécurisé où le nombre de policiers est trop peu élevé par rapport à la population. Titillé par ces affirmations péremptoires, je me suis amusé à établir une "petite" statistique, sur base des chiffres publiés par Eurostat, en rapportant le nombre d'officiers de police au nombre de milliers d'habitants du pays. On obtient ainsi le nombre de policiers par mille habitants.

Voici ce que cela donne pour l'ancienne Europe occidentale, classé en ordre décroissant :
Chypre : 6,72
Espagne : 5,06
Portugal : 4,63
Grèce : 4,53
Italie : 4,08
France : 3,90
Belgique : 3,71
Irlande : 3,27
Luxembourg 3,25
Autriche : 3,19
Allemagne : 3,07
Royaume-Uni : 2,72
Liechtenstein : 2,44
Suisse : 2,21
Pays-Bas : 2,21
Islande : 2,09
Suède : 2,05
Danemark : 1,92
Norvège : 1,59
Finlande : 1,56

Il est quand même paradoxal de constater que les pays considérés comme les plus sûrs en Europe possèdent majoritairement des taux inférieurs aux nôtres.

Il est tout aussi paradoxal de constater que les taux les plus élevés se situent dans des pays où les revendications du peuple sont les plus fortes.

Ces forces supplémentaires ne seraient-elles donc destinées qu'à maintenir la coercition du pouvoir sur le peuple ?

En voulant encore augmenter les forces de police de notre pays, qui au regard d'autres pays semblables au notre sont largement suffisantes, nos dirigeants ne sont-ils pas simplement occupés à mettre en place l'appareil destiné à réprimer les mouvements que ne manqueront pas de faire naître leurs politiques de protection des nantis et de paupérisation des plus faibles ?

Poser la question, c'est y répondre !!

Il suffit de voir les forces qui sont affectées à la répression des manifestations et la violence particulière déployée à l'encontre de mouvements démocratiques. Faut-il rappeler ici l'extrême violence déployée à l'encontre des jeunes du No Border Camp ou ceux, plus récents, de la station Trône ? Faut-il rappeler que d'ici très peu de temps des milliers de travailleurs sans emploi se verront amputer de 25 à 40 % de leurs indemnités, que des milliers de femmes travaillant à mi-temps pour échapper au chômage se verront également privées de leur maigre complément ? Que des travailleurs dont l'outil est performant se verront réduits au chômage pour satisfaire l'appétit vorace d'un vampire de la métallurgie ? Que l'actuel gouvernement, dans sa duplicité, s'apprête à nous annoncer un nouveau train de mesures d'austérité pour mieux financer des banques faillies ?

Pensez-vous que ceux qui sont atteints resteront sans réagir ?

mardi 4 septembre 2012

Le patrimoine financier des Belges était de 966,3 milliards à la fin mars 2012

Ainsi, à en croire un « papier » paru ce lundi dans un des principaux organes de désinformation gratuit (Metro, pour le citer), chaque Belge posséderait 95.000 € dans son escarcelle, dans son petit bas de laine ou sous son matelas !

Mais de qui se moque-t-on ?

Nous commençons à en avoir plus que marre de cette manière de présenter les choses ! En formulant la chose de manière aussi générale, le pisse-copie, le journaleux, qui a « pondu » ceci fait preuve de n'importe quoi, mais certainement pas de déontologie journalistique. S'il avait eu la moindre once de celle-ci, il eut alors pris le temps de signaler qu'il ne s'agissait que d'une moyenne et que cette moyenne pouvait recouvrir de grande disparité. Il aurait pu comparer les patrimoines de la famille de Spoelbergh ou de ce (trop) cher Albert Frère avec ceux d'une famille de chômeurs carolorégiens en fin de droits. Il aurait également pu comparer les patrimoines de biens d'autre familles telles que les Saxe Cobourg, les Vandemorteele et autres accapareurs avec ceux d'un manœuvre, d'une minimexée ou d'un handicapé.

 Il aurait alors pu (nous faire) remarquer que cette disparité était parfois de l'ordre de 1 à 100.000. S'il avait poussé son étude un peu plus loin, il eut comparé l'impôt réellement payé par chacune de ces catégories sur ses revenus, pour s'apercevoir rapidement que les plus nantis ne payaient quasi aucun impôt, quand les travailleurs ou allocataires sociaux connaissaient des taux pouvant avoisiner la moitié des leurs.

Je n'ai rien lu de tel, ni dans le Metro en question, ni dans aucun autre journal de ce type. Serait-ce que nos journalistes ont perdu tout sens critique ou oublié que leurs principales missions est d'informer (et par la-même d'éduquer) ? Je ne pense pas que ce soit le cas ; mais, en valets serviles de leur actionnariat, ils ne relayent plus que la propagande utile et nécessaire à celui-ci pour maintenir ses sinécures. Je vous propose donc, pour cette catégorie de journaleux de bannir le terme de journaliste des dictionnaires et de le remplacer par propagandiste.

Dormez en paix, bonnes gens, tout va pour le mieux dans « Le meilleur des mondes ».

De l'arrogante outrecuidance de la FEB et de son administrateur délégué.

Ainsi donc, à l'automne se profileront de nouvelles négociations en vue d'un accord interprofessionnel. Non content de nous avoir étranglés pendant 4 ans, en s'en prenant à ces soit-disant « profiteurs » d'allocataires sociaux de tous acabits ; non content d'avoir encouragé de ses affiliés des restructurations et des licenciements qui ne se seraient nullement justifiées par la situation économique précaire de ses entreprises, mais uniquement dans une logique de rendement à deux chiffres destinée à engraisser les accapareurs et les spéculateurs ; se souciant comme d'une guigne des conséquences pour le peuple des travailleurs de cette politique inhumaine, ne voila-t-il pas que notre administrateur-délégue de la FEB, le très honni Pieter Timmermans, en rajoute de nouveau une couche. Ne voila-t-il pas que ce triste sire s'attaque une fois de plus à l'indexation « automatique » des salaires en nous déclarant ceci : « Je crois au principe selon lequel on ne peut répartir la richesse ou le bien-être que lorsque les entreprises l'ont créé. Mais en Belgique, on crée d'abord des accords sur des augmentations salariales puis ce sont les employeurs qui doivent veiller, en augmentant leur productivité, à ce que leur position concurrentielle ne soit pas affectée. ».

Monsieur Timmermans à réellement l'art de pratiquer l'amalgame, de dire le contraire de ce qui est et de vouloir culpabiliser des personnes qui n'ont certainement pas à l'être. Je ne lui répondrai donc que d'un cinglant « MENTEUR ».

 L'indexation automatique des salaires n'intervient qu'après augmentation de l'index, autrement dit après que des hausses de coûts (fonctionnement, matières premières,  ...), ou de prix (marges bénéficiaires des entreprises...) aient été répercutées dans les prix payés par le consommateur. Ne pas indexer serait donc réduire le pouvoir d'achat de tous ceux qui perçoivent un salaire ou une allocation sociale et, par corollaire , contracter encore plus une économie déjà en récession. En outre, l'indexation salariale ne constitue en aucune façon une augmentation salariale (qui elle constituerait une véritable augmentation du pouvoir d'achat des travailleurs), mais un simple rattrapage d'une perte de pouvoir d'achat. Elle ne pourrait donc en aucune façon, réduire la position concurrentielle d'entreprises qui ont déjà répercuté ces augmentations dans leurs prix et bénéficié, durant le retard d'indexation, d'une augmentation de marge bénéficiaire injustifiée.

Secundo, augmenter une productivité qui est déjà une des meilleures d'Europe ? Faut-il rappeler qu'au niveau mondial, le travailleur belge occupe la 4ème position en terme de productivité et qu'il est second au niveau européen ? Qu'en chiffres absolus, la position de ladite Belgique ne s'est pas dégradée, mais que les pertes de parts de marché encourues pas ces entreprises sont bien plus le fait des contractions de marché des pays vers lesquels nous exportons traditionnellement ou, encore, de la frilosité du patronat et de ses commanditaires dans la conquête de marchés émergents ?

Enfin, ce même hurluberlu nous parle de position concurrentielle affectée par ces mesures Pourrait-il alors nous expliquer comment le top 10 du Bel 20 a vu ses bénéfices augmenter de 427% en 2 ans ? La position concurrentielle des entreprises ne serait-elle pas plutôt affectée par la voracité d'un actionnariat qui exige des dividendes n'ayant plus aucune commune mesure avec l'économie réelle ? Ce même actionnariat qui, tout comme Lakshmi Mittal, est prêt à sacrifier des outils et des travailleurs performants en vue d'augmenter ses seuls bénéfices, sans se soucier des conséquences de cette logique imbécile pour les milliers de travailleurs qu'il emploie ?

 Revoyez votre copie Timmermans !!!